Tes yeux sont revenus d'un pays arbitraire

Paul Eluard

[ ONGOING PROJECT - commenced Jan 2020 ]


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Tes yeux sont revenus d’un pays arbitraire
Où nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard
Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres,
Celle des gouttes d’eau, des perles en placards,

Des pierres nues et sans squelette, ô ma statue.
Le soleil aveuglant te tient lieu de miroir
Et s’il semble obéir aux puissance du soir
C’est que ma tête est close, ô statue abattue

Par mon amour et par mes ruses de sauvage.
Mon désir immobile est ton dernier soutien
Et je t’emporte sans bataille, ô mon image,
Rompue à ma faiblesse et prise dans mes liens


L'égalité des sexes, Mourir de de pas mourir, Paul Éluard



Your eyes returned from an arbitrary country / Where no one has ever known what a look is / Neither knew the beauty of the eyes, beauty of the stones, / That of water drops, pearls in cupboards, / Bare stones without a skeleton, O my statue. / The blinding sun replaces you / And if he seems to obey the power of the evening / Is that my head is closed, oh slaughtered statue / By my love and by my savage tricks. / My still desire is your last support / And I take you without battle, oh my image, / Broken to my weakness and caught in my bonds.


 

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